Les nouveaux modes de paiement prennent leurs marques
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Cet article est le reflet de la situation actuelle du cadre d'évolution des systèmes de paiement : il est un florilège des offres et tendances technologiques qui ne tient aucun compte des évolutions réglementaires (le SEPA), des habitudes et attentes de consommation, des évolutions et besoins de la distribution, de la nature économique même des moyens de paiement, du risque financier et des dispositifs de sécurité qu'ils exigent.
Il ne manque même pas le sempiternel "retard français" en la matière(ici c'est payPal qui en fait les frais!). Et c'est écrit pas le département Veille d'une banque.... Retypologiser ceci a du sens pour qu'enfin on comprenne les enjeux de cette industrie.
jpb.
L'acte d'achat a été modifié par les commerces sur le web, les téléphones portables et la RFID. Pas étonnant que les moyens de payer soient également impactés. L'Atelier les détaille pour vous.
Exit les traditionnelles cartes de crédit "avec contact" ? Au vu des multiples nouveaux modes de paiement qu'Internet, le mobile et les technologies sans contact permettent d'envisager, voilà qui semble fort probable. Reste que la voie est encore longue, non seulement du côté des consommateurs parfois frileux face au changement, que de celui des acteurs du secteur.
Une forte dynamique d'évolution
Heureusement, les fournisseurs de technologie et les entreprises financières sont là pour accélérer le mouvement. D'un côté, la plupart des grandes banques hexagonales mettent en œuvre des tests à grande échelle. De l'autre, les acteurs de l'Internet arrivent à rendre incontournables leurs systèmes d'échange (Paypal, Moneta, etc.). Que ce soit sur le web classique ou l'Internet mobile. Autant d'initiatives qui laissent présager la généralisation effective de ces nouveaux modes de paiement.
Le paiement par mobile s'affranchit des opérateurs Les solutions distinctes des portails liés aux opérateurs télécoms permettent aux fournisseurs de biens et de services sur mobiles de proposer des solutions de m-paiement plus rapides et moins chères. Paypal m-paiement
Plus de 2,6 milliards de personnes utilisent désormais un téléphone portable dans le monde. Un chiffre qui laisse présager de belles perspectives pour le paiement par mobile. Mais aujourd'hui, un grand nombre d'achats reste de l'ordre du micro-paiement et consiste en l'achat de sonneries pour son mobile ou celui de produits digitaux peu coûteux. Des dépenses souvent effectuées via le portail de son opérateur, qui ajoute le prix de la transaction sur la facture du client ou qui la valide via l'envoi d'un SMS ou par Wap billing - qui permet de faire du SMS non plus un canal de paiement mais de commande, le paiement s'effectuant par Wap push sur la facture de l'opérateur. Seul problème : l'opérateur prend au passage des commissions souvent importantes. Pour échapper à ces taxes et susciter l'intérêt du consommateur, de plus en plus de solutions se développent off portal (ou off deck). C'est-à-dire indépendamment de l'opérateur.
Le paiement interpersonnel en ligne de mire
Elles permettent notamment d'effectuer des paiements de personne à personne ou des petits achats. Ainsi, en France, la Caisse d'Epargne a lancé à la fin de l'année dernière Movo, un système de paiement entre particuliers par SMS, serveur vocal, Wap ou iMode. Au départ réservé aux clients de la banque, il est désormais ouvert à tous. Aux Etats-Unis, c'est le californien Obopay qui propose le paiement par mobile pour les particuliers ou les petites entreprises. Et il faut croire que les affaires marchent : la jeune pousse a récemment levé la somme de 29 millions de dollars pour étendre ses activités. Le paiement de personne à personne devrait trouver toute son utilité dans le cadre du transfert d'argent transfrontalier. Et il devrait représenter un marché plutôt juteux : selon Forrester Research, plus de 250 milliards de dollars devraient circuler via ce type de transactions en 2007.
Les solutions off portal proposent l'achat de biens et de services
Au niveau des biens et des services, PayPal mobile tient le haut du pavé. Celui-ci propose, en plus du paiement interpersonnel, le Text2Buy. Une solution qui permet d'envoyer un SMS pour acheter un produit après avoir relevé un code en bas d'une annonce. "La transaction finale s'effectue hors ligne", précise Stéphane Kasriel, le directeur général de PayPal France interrogé par L'Atelier. Selon lui cette dernière méthode propose une solution à mi-chemin entre la transaction de proximité et celle effectuée à distance sur Internet. Elle représente également un moyen efficace pour les annonceurs de monétiser leurs produits à distance. La firme a aussi lancé le Wap Check Out, pour généraliser l'achat de biens et services, notamment ceux représentant de grandes sommes, ajoute Stéphane Kasriel. Là, la transaction s'effectue sur le modèle du e-commerce. Seul hic, si Paypal mobile est disponible au Royaume-Uni, au Canada et aux Etats-Unis, aucune date n'est encore annoncée en France.
Les opérateurs doivent revoir leur stratégie de m-paiement Le mobile pourrait représenter un medium idéal de transaction financière. Mais les marges pratiquées par les opérateurs sont encore trop élevées et favorisent le développement de services off-deck.
PayPal connaît un important succès sur Internet. Les petits acteurs ont du mal à se faire une place sur le marché, qui requiert de lourds investissements. En ce qui concerne le paiement par mobile, le chemin est encore long. Les institutions bancaires se sont longtemps montrées peu amènes à envisager des services qui pourraient ébranler leurs intérêts. Les opérateurs sont encore nombreux à privilégier leurs propres systèmes de facturation des transactions. Ceux-ci sont très lucratifs : certains opérateurs prennent des marges allant jusqu'à 50 %. Aujourd'hui, les mobinautes préfèrent se diriger vers les services "off deck" et payer via des systèmes comme Paypal sur mobile. Ce, plutôt que d'être obligés de passer par le portail mobile de leur opérateur.
Vers une alliance entre opérateurs et organismes financiers
Cet état de fait devrait encourager les institutions financières et les opérateurs à réagir. Mais ces derniers devront affronter plusieurs difficultés. Ils auront des licences à payer et devront se soumettre à des opérations de régulation. La question sera alors de savoir s'ils seront capables de tout surmonter. Au regard des précédents échecs en matière de services à valeur ajoutée, j'en doute. En clair, ils devraient être forcés de s'allier avec l'industrie financière. Cela pourrait stimuler la création de sociétés comme PayPal, capables de se développer rapidement et de proposer des solutions de micro-paiement plus adaptées aux transactions sur Internet. Pour le futur du paiement sur mobile, il serait bon de regarder les services d'acteurs du Net comme Google, Yahoo!, MySpace, YouTube, eBay, Skype, Facebook ou encore Second Life.
Le e-paiement repousse ses limites Paiement par code, crédit en ligne, e-carte bleue… Les nouveaux modes de paiement sur Internet s'affranchissent des difficultés traditionnellement associées au web.
Plus de 50 milliards de dollars devraient être dépensés sur la Toile pour Noël en Europe, selon Forrester. Autant dire que le paiement sur Internet est largement entré dans les mœurs. En marge de ce succès, certains problèmes demeurent qui empêchent le marché de prendre encore plus d'ampleur. Premier écueil : la sécurité. Car le Net a automatisé la fraude. Les principales peurs étant la réalisation d'achats avec une carte volée ou avec un numéro de carte détourné lors d'un précédent paiement virtuel. D'où la nécessité pour les banques, les fournisseurs de solutions de paiement et les négociants de mettre en place de nouveaux systèmes de transactions plus sûrs. Plusieurs sociétés proposent désormais des systèmes de paiement en ligne qui permettent d'effectuer des achats sans communiquer son numéro de carte bancaire.
Mise en place de plates-formes relais
Des plates-formes de débit qui se veulent une solution imparable contre la fraude. Moneta, par exemple, lancée par d'anciens acteurs du secteur bancaire, revendique cette appellation. Le site propose à l'internaute de se créer un compte, d'y indiquer son numéro de carte pour permettre au site d'effectuer les débits, puis d'acheter en ligne en inscrivant seulement un code PIN sécurisé. Et il semble que le système marche : d'autres sociétés comme ClickandBuy proposent des dispositifs équivalents. Des systèmes qui s'inspirent de celui de la e-carte bleue mis en place depuis plusieurs années par certaines banques comme la LCL, et qui attribuent à leurs clients un numéro de carte différent pour chacun des achats effectués en ligne. Enfin, si la vente de produits culturels, voire de voyage, fait fureur en ligne, certains internautes aux finances modestes ne peuvent acquérir sur Internet des produits dépassant une certaine somme.
Elargir le marché en ouvrant le e-paiement au crédit
Pour élargir le marché, PayPal a ainsi lancé aux Etats-Unis la solution PayLater, qui permet aux consommateurs d'acheter le produit de leur choix sur un site marchand, puis de régler en quatre fois sans frais. La société de paiement réglant directement le commerçant puis récupérant ensuite la somme auprès de l'internaute sous la forme de crédits. Autre bébé de la firme : Express Check Out, qui permet à un détenteur d'un compte PayPal d'acheter sur un site d'e-commerce sans inscrire aucune information personnelle, celles-ci étant fournies directement par le spécialiste du paiement en ligne. Selon Stéphane Kasriel, DG France du groupe, "ce service ultra rapide permettra de réduire le temps des transactions, parfois tellement lent qu'il pousse la moitié des internautes à interrompre leur processus d'achat". En diminuant le nombre d'abandon, le système devrait, estime le P-DG, faire également baisser le coût d'acquisition par client. Et donc d'encourager un plus grand nombre de commerçants à se tourner vers le Net. Reste à voir si cette équation parlera aux e-commerçants.
Paiement sans contact : objectif Europe Les solutions de porte-monnaie électronique sans contact émergent à travers le monde. En Europe, la technologie est émergente, et est poussée par la multiplication des initiatives chez les fournisseurs.
Les systèmes sans contact (contactless) - qui ne nécessitent pas d'être introduites dans un lecteur -, voient le jour un peu partout dans le monde. Insérée dans une carte à puce, la technologie RFID fait de l’un des modes de paiement les plus populaires un véritable porte-monnaie électronique pour les achats quotidiens. Intégrée dans un téléphone mobile, elle transforme l’appareil de communication en un dispositif de paiement pour les transactions de tous montants. Largement déployées en Amérique du nord avec notamment le PayPass de MasterCard, et en Asie où la carte Octopus aurait conquis plus de 10 millions de personnes, les solutions de paiement sans contact sont encore au stade de l’expérimentation en Europe.
Lancement Européen
Parmi les différentes solutions testées, Visa payWave, le système de carte de paiement sans contact du fournisseur américain, est déployée depuis septembre au centre ville de Londres, soit près d’un an après le projet pilote de MasterCard. "Les solutions sans contact sont très populaires auprès du public. Dans les zones urbaines notamment, les gens sont à l’aise avec ce type de technologies et le Royaume-Uni est le premier marché en Europe à se lancer dans la diffusion de ce mode de paiement", a déclaré à L’Atelier Omar Rifaat, Senior Product Manager pour Visa payWave. Visa s'est également associé à la banque britannique Barclays, la société des transports londoniens et Transys pour lancer conjointement la Barclaycard One Pulse. Cette carte permet aux usagers des transports londoniens de valider leur titre de transport et d’effectuer des achats inférieurs à un montant de 10 livres sterling. Un système interopérable donc, une caractéristique qui, selon une récente étude du Forrester, contribuerait à favoriser l’adoption de ce type de solutions aussi bien par les commerçants de détails que les consommateurs.
L’interopérabilité, clé du système
Une interopérabilité déjà éprouvée, notamment aux Etats-Unis, où les technologies sans contact proposées par les trois fournisseurs de cartes de paiement MasterCard, Visa et American Express reposent sur le standard ISO/IEC 14443. "Se concurrencer sur l'interface requis pour le paiement sans contact n'a pas de sens, précise Omar Rifaat. Développer seul ses propres standards serait contre-productif, la compétition entre fournisseurs doit se faire sur l'application elle-même". Rapides et simples d'utilisation pour les consommateurs, et adaptables à peu de frais pour les commerçants, l'avenir des systèmes de paiement sans contact semble assuré. Notamment pour les solutions de micropaiement via carte à puce. L'engouement suscité par ces nouveaux moyens confirme également le relatif désintérêt envers les actuels porte-monnaie électroniques, avec contact ceux-ci. Lancés dans les années 1990 à travers l’Europe, les GeldKarte allemande, Proton belge et Moneo français n’ont effectivement pas remporté le succès escompté.
Le m-paiement doit être envisagé sur le long terme Des problèmes actuels d'interopérabilité et de complexité freineront temporairement le développement du paiement par mobile. Le système devrait se révéler intéressant à plus long terme.
Les avis sont partagés sur l'avenir sur paiement par mobile. Pour le cabinet d'analystes Forrester Research, de nombreux facteurs devraient décourager une adoption massive du m-paiement. Notamment au niveau du temps de transaction, plus lent que le paiement par carte quand il est effectué via SMS. Autre reproche noté : le manque de standards validés et la complexité technique du système. Enfin, les dissensions entre institutions financières et opérateurs empêchent souvent, souligne le cabinet, la mise en place d'un véritable business model. En marge de cette vision plutôt pessimiste d'un usage encore dans sa prime jeunesse, Thomas Husson, analyste mobile senior chez Forrester, explique à L'Atelier : "aujourd'hui, le marché est restreint et le partage de revenus encore peu intéressant. Mais nous n'en sommes encore qu'à des moyens de paiement alternatifs".
Eduquer le consommateur
Et d'ajouter : "D'autres technologies devraient prochainement se développer, comme la NFC (Near Field Communications), qui sont très prometteuses". Notamment, souligne-t-il, parce que cette solution sans contact permet de réaliser plusieurs opérations, comme le paiement et le ticketing, et qu'elle représente un canal marketing très intéressant. Elle demande cependant une approche à plus long terme, par la mise en place de nombreuses infrastructures et d'un écosystème global (récepteurs intégrés, bornes…). Les pays moins avancés sont donc logiquement plus prudents en matière de déploiement d'une coûteuse infrastructure contactless. En marge de l'aspect technique, se pose également le problème de l'adaptation d'une technologie par les consommateurs. La pédagogie, la sensibilisation à un nouvel usage sont des aspects primordiaux du phénomène d'appropriation.
Cibler les usages
Rassurer les consommateurs vis-à-vis de la simplicité, de l'interopérabilité et de la sécurité de leurs services doit être une priorité pour les sociétés qui lancent des solutions de m-paiement. La plate-forme britannique de micro-paiement Payforit rassemble ainsi les cinq principaux opérateurs du pays pour proposer une meilleure interopérabilité. Dernier aspect à résoudre : la définition exacte des usages. Inutile de penser appliquer cette forme de paiement à tous les contenus, il faut cibler. Au niveau bancaire, Sybase 365, spécialiste de l'interopérabilité dans les communications mobiles, rappelle que près des deux tiers des utilisateurs de portable européens s'annoncent intéressés par la possibilité de profiter de services bancaires sur leur mobile. D'ailleurs, souligne à L'Atelier Jeremy Bielostock, responsable commercial et marketing de la division NFC chez Nokia, "quand les banques pourront proposer des services utiles au consommateur final, le paiement sur mobile deviendra un marché très intéressant".
La route vers des paiements simplifiés est semée d'ignorance Des freins culturels freinent l'émergence des nouveaux modes de paiement. La formation des consommateurs et une plus forte implication des banques et commerçants pourraient en venir à bout.
L’évolution actuelle des modes de paiement dépend à la fois des consommateurs et des entreprises. Pour les premiers, la rapidité, la disponibilité et la sécurité apparaissent comme les facteurs principaux de l’adoption de nouveaux moyens de règlement de leurs achats. L’essor des solutions tap and go - comprendre paiement sans contact - aux Etats-Unis et au Japon en est un exemple représentatif. Quoi de plus pratique que de régler en une fraction de seconde son journal ou sa baguette par le simple passage d’une carte, d’un mobile ou d’un porte-clés muni d’une puce RFID ! Quant à la prise de conscience des risques de fraudes liés à Internet, elle s’annonce comme un nouveau moteur de l’adoption de solutions de paiement de type PayPal. Pourtant, une majorité d'internautes (85% selon une étude Visa Europe - IFOP), auraient opté pour le règlement par carte pour leurs achats en ligne l'an dernier.
Changer ses habitudes
La carte bleue est-elle indétrônable ? Non, mais pour pouvoir se tourner vers le mode de paiement qui leur convient le mieux, les consommateurs doivent déjà avoir connaissance de l'existence desdits moyens de règlement. « Les gens paient par carte sur Internet car c’est ce moyen qu’ils utilisent le plus couramment. Sur le principe, la plupart d’entre eux considère que c’est risqué mais n’ont pas connaissance des autres solutions qui s’offrent à eux », indique Philippe Torres, Directeur du conseil de L’Atelier. D’un point de vue pratique, la réponse à certains besoins spécifiques pourrait être un autre facteur d’adoption massif. Dans ce cadre, des solutions combinant carte de transport et système de paiement ont déjà vu le jour dans certaines zones urbaines. Autre exemple : les cartes de paiement prépayées sont une alternative crédible pour les consommateurs ne disposant pas de compte bancaire, notamment pour les populations des pays en développement.
Un marché ouvert
Des usages qui représentent autant d’opportunités pour les entreprises. "Ce marché est particulièrement ouvert et donne matière à innover aussi bien en terme de business qu'au niveau technologique", précise Philippe Torres. D'un autre côté, les commerçants comme les banques sont incités à déployer des solutions nouvelles, plus efficaces en termes de coûts. Avec en ligne de mire la diminution des frais de gestion de l'argent liquide. Au-delà des économies qu'il peut générer, l'emploi de nouveaux modes de paiement peut également être un élément de différentiation compétitive. A l'image des solutions sans contact Speedpass et easyPay - développées par les fournisseurs de carburant Shell et Exxon Mobil - qui vont évidemment nécessiter des investissements d'infrastructure substantiels. Reste alors à savoir qui, des banques, des commerçants ou des fournisseurs de solutions de paiement, voudront en assurer la charge.