Petits clics entre ennemis intimes sur Hatebook
L'interface de Hatebook ressemble à s'y méprendre à celle de son aîné, seule change la couleur : rouge à la place du bleu. Ici, tout est pensé pour se fâcher. Dès la phase d'inscription, le visiteur de passage se voit conseiller de mentir en remplissant le formulaire "pour tromper l'ennemi".
"Tocard", "emmerdeur",... sont des adjectifs laissés aux choix de l'arrivant pour se décrire. Reste à remplir, ou pas, plusieurs formulaires afin de se trouver des atomes crochus avec les autres utilisateurs. Sur Hatebook, on ne signale pas l'auteur ou l'oeuvre que l'on aime, mais celui ou celle que l'on déteste. On n'interpelle pas le nouvel arrivant d'un "Bienvenue" poli, on débine : "Avec ta tronche, c'est Halloween tous les soirs", reçoit en guise d'accueil un "néo-Hatebookien".
PARTAGE DES MÊMES DÉGOÛTS
La haine se cultive mieux en groupe. Chaque utilisateur a la possibilité d'intégrer un clan avec lequel il partage les mêmes dégoûts. Il est possible de joindre, en deux clics, le clan de ceux qui ne supportent pas la Xbox de Microsoft, celui de ceux qui vouent Facebook aux gémonies... Plus limite : on peut également rejoindre le clan de ceux qui détestent les Mexicains ou de ceux qui détestent les Blancs.
Enfin, chaque utilisateur est invité à participer à un concours où l'objectif est d'amasser un maximum de "points de haine". Le vainqueur est celui qui rallie à la communauté le plus d'utilisateurs, pour le seul bénéfice du manageur de la communauté, un certain "Dr Evil".
A l'heure où nous écrivons ces lignes, un certain Nicolas Sarkozy, "Lord of France", compte sur ce réseau d'un nouveau genre vingt-deux ennemis déclarés. Un joli score pour le Français, puisque l'interface de Hatebook est en anglais. Son homologue américain, George W. Bush, n'en compte que seize.