Les opérateurs mobiles à la recherche de relais de croissance
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Le congrès du téléphone mobile se tient cette semaine à Barcelone, alors que les opérateurs se demandent s'ils parviendront à convaincre les utilisateurs d'avoir recours à leurs services propriétaires, face à ceux qui s'imposent sur l'Internet fixe. Les opérateurs ont fini par comprendre qu'ils devront s'unir s'ils comptent tenir tête aux géants du Net.Cette semaine se tient à Barcelone le congrès 3GSM du téléphone mobile. Les dirigeants des opérateurs mobiles viennent y chercher des réponses à leurs principales préoccupations. La première est comment renouer avec la croissance.
L'année 2006 est à marquer d'une pierre noire. Pour la première fois, le chiffre d'affaires des trois opérateurs mobiles français a stagné ou reculé : + 1 % chez Orange et Bouygues ; - 0,1 % chez SFR.Une explication est un décollage plus lent que prévu des services multimédias. Par exemple, SFR n'est pas parvenu à devenir le premier site de téléchargement de musique, comme espéré. " Certains services, comme le téléchargement de sonneries ou de jeux, ont bien décollé, mais, pour de nombreux autres, l'engouement des utilisateurs est décevant ", explique Vincent Poulbère, analyste chez Ovum. Exemple : l'envoi de photos (MMS). " Le MMS a du mal à décoller. Une des explications est son tarif trop élevé, en particulier lors du lancement, ce qui laisse une image de cherté.
Un contre-exemple est le norvégien Telenor, dont les utilisateurs actifs envoient 8 MMS par mois, alors que ce chiffre est de 3 ou 4 chez ses homologues. Ce succès est dû à une promotion agressive : Telenor pratique un prix bas, voire quasi gratuit pendant des campagnes de promotion de plusieurs semaines.
" Autre exemple : la messagerie instantanée (IM). Alors qu'elle est gratuite entre ordinateurs fixes, certains opérateurs mobiles, tel SFR, font payer chaque message échangé au prix d'un SMS. " A ce prix-là, l'IM a peu de chances de décoller ", pointe Vincent Poulbère. Pour cela, " le prix est fondamental. Il est nécessaire de proposer des formules illimitées pour développer l'usage. Le problème est que les opérateurs mobiles craignent que l'IM ne cannibalisent le SMS. Un moyen d'éviter cette cannibalisation est donc de facturer l'IM au même prix que le SMS ".Le choc des tarifsLe choc des tarifs entre l'Internet fixe et mobile a aussi lieu pour la musique : la chanson coûte de 2 à 3 euros sur un téléphone portable en France, contre un demi-euro en Corée du Sud, et surtout 1 euro sur son ordinateur. Résultat : dans certains cas, les opérateurs décident de s'aligner sur les tarifs de l'Internet fixe.
En octobre 2006, SFR a baissé à 0,99 euro le prix d'une chanson. Depuis 2005, Bouygues propose l'IM de Microsoft (MSN) avec une facturation sous forme de forfait illimité. Et Orange va introduire des forfaits illimités d'IM.
Outre des tarifs bien moins élevés, l'Internet fixe pose un autre problème : des géants de l'Internet s'y sont imposés : Microsoft pour l'IM, Google pour la recherche... Orange et SFR ne veulent pas les laisser envahir les mobiles, afin d'imposer leurs solutions propres. Dans l'IM, cela n'est pas été un succès, notamment parce que " chaque opérateur a développé son IM dans son coin ", pointe Vincent Poulbère. Les opérateurs mobiles ont donc fini par comprendre qu'ils devaient s'unir s'ils voulaient tenir tête aux géants du Net. Ils travaillent depuis plusieurs années sur la normalisation d'un IM. Et, selon le " Telegraph ", ils vont profiter du Salon pour tenter de se mettre d'accord sur un moteur de recherche sur mobile.Un rôle de simples tuyaux ?Mais plus le temps passe, et plus les téléphones mobiles permettent d'accéder à Internet, et donc d'utiliser les solutions disponibles sur les PC, sans doute au même tarif.
Le temps est donc limité pour imposer une solution mobile. L'opérateur finit parfois par rendre les armes.Ainsi, Bouygues a accueilli à bras ouverts les IM de Microsoft, AOL et Yahoo! Le troisième opérateur, conscient d'être trop petit pour imposer sa norme, accepte sans complexe de n'être qu'un simple tuyau. Même Orange, qui espérait initialement imposer sa propre IM, a fini aussi par accueillir celle de Microsoft.