Le paiement fractionné attendu par les cyberacheteurs
L'attente des cyberacheteurs par rapport à ces services de paiement fractionné est plutôt forte, arrivant en troisième position des services jugés les plus intéressants par les acheteurs en ligne, après la garantie satisfait ou remboursé, la livraison express, selon Benchmark Group.
Le cyberacheteur souhaite en effet bénéficier des mêmes facilités d'achat sur Internet que dans le monde de la distribution physique. Les raisons sont multiples : tout d'abord, à cause de montants plafonnés, la carte bancaire n'est pas forcément bien adaptée aux achats onéreux en ligne (lire l'enquête paiements en ligne : la carte bancaire montre ses limites du 11/05/06).
Aussi, les domaines dans lesquels les montants des achats s'avèrent élevés enregistrent beaucoup d'avis d'internautes estimant le paiement à crédit comme un service très intéressant : c'est par exemple le cas des sites de vente de mobilier (53 % d'internautes), de bijoux (49 %), ou d'équipements automobiles (46 %), selon l'enquête de Benchmark Group. D'autre part, la démocratisation de l'achat en ligne via l'arrivée des catégories de CSP- rapproche le profil du cyberconsommateur de celui des consommateurs français dans toute leur diversité. Et de fait, ces nouveaux cyberacheteurs n'ont pas les moyens de verser de grosses sommes en une seule fois.
"Pour l'achat d'un écran plasma, même le paiement en trois fois ne s'adresse qu'à une clientèle relativement aisée. Cette facilité de paiement que nous offrons n'a jamais été suffisante, mais il s'agissait avant tout d'une question d'arbitrage. Et aujourd'hui, nous ressortons de nos cartons cette volonté d'offrir le paiement fractionné", déclare Patrick Jacquemin, directeur général de Rue du Commerce. Mais la demande d'un paiement en plusieurs fois n'est plus seulement liée aux montants des transactions : si pour Apple le recours à un paiement fractionné intervient généralement au-dessus de 300 euros, suite aux premiers mois de tests PriceMinister propose l'offre 1euro.com dès 60 euros d'achat. "60 euros, c'est un montant bien supérieur au panier moyen du site. Les clients avaient l'habitude de vendre des articles de manière à accumuler des économies dans leur portefeuille PriceMinister, puis à les utiliser pour réaliser leurs achats.
Aujourd'hui, beaucoup sont séduits par l'offre 1euro.com qui leur permet de payer un euro de plus par mensualité", explique Pierre Krings. Intérêt des cyberacheteurs face aux solutions de financement et de crédit dans les différents secteurs
Des disparités existent également en fonction des secteurs : si le monde du voyage en ligne présente des paniers d'achat importants, l'appétence d'un service de paiement à crédit s'avère moins élevée que celle du secteur vestimentaire, ce qui est très certainement liée aux habitudes d'achat des clients historique de la VPC traditionnelle. Selon Benchmark Group, les internautes étaient 63 % à estimer le paiement à crédit intéressant, voire très intéressant (30 %), pour les sites de voyage, contre 67 % (dont 39 % très intéressés) pour les sites d'habillement. Il est possible, d'un point de vue réglementaire, pour les cybermarchands de proposer par eux-mêmes des facilités de paiement en deçà de 90 jours, soit une facilité de paiement en 3 fois, comme le pratiquent notamment Mistergooddeal et Rue du Commerce. Dans le cadre d'un service de paiement à crédit gratuit, la réglementation impose aux marchands un taux de réduction obligatoire déterminé en fonction de la durée du crédit gratuit consentie. "Nous avions testé au départ le paiement en trois fois sans frais sur notre propre trésorerie, mais cela nous revenait très cher. C'est pourquoi nous avons par la suite appliqué des frais de 1,5 %, ce qui revenait à payer 1,5 euro pour un achat de 100 euros payé en trois fois", indique Patrick Jacquemin, directeur général de Rue du Commerce. Mais désormais le paiement à crédit apparaît comme un métier à part entière. Face aux nouvelles offres des acteurs du crédit souhaitant investir le secteur du BtoBtoC, nombre de marchands ont d'ores et déjà opté pour ces diverses solutions qui permettent de proposer des solutions de paiement au-delà des 90 jours, via des paiements en 10, 20 ou 36 fois. Dans le cadre de la loi Scrivener, cette offre impose en effet la signature d'un contrat, et l'adossement à une institution financière.
Fin 2006, Mistergooddeal.com a ajouté une nouvelle brique à son offre, via le service BNK4 qui s'appuie sur la solution de Cofidis en marque blanche et Rue du Commerce est actuellement en phase de négociation finale avec les différents organismes de financement. Panorama des différentes offres 1euro.com (Cofidis)Solution de financement proposée depuis le site marchand Paiement d'un euro par jour selon les montants, paiement en 3, 5 fois ou 10 fois pour 1 euro de plus par mois, caution carte bancaireCetelemModule intégré au site du marchandPaiement par mensualités, pré-acceptation de la demande de crédit en temps réel, sous réserve d'étude et d'acceptation par CetelemFianet et Sofinco via l'offre Receive and paySolution de paiement proposée sur le site marchandPaiement fractionné en 3 fois sans frais ou en 5, 10 ou 20 fois avec frais, caution carte bancaireOneyModule intégré au site du marchandPré-acceptation de la demande de crédit en temps réel, impression du document en ligne, et suivi du contrat dans l'espace client du e-commerçant. La livraison de la commande est conditionnée à l'envoi du dossierSofincoModule intégré au site du marchandCalculateur, saisie unique des données (transfert automatique des données de la commande), pré-acceptation en ligne immédiate, possibilité de télécharger son OPC par .pdf ou de la recevoir à domicile. La livraison de la commande est conditionnée à l'envoi du dossier
Depuis 2001, Sofinco propose dans sa solution destinée aux webmarchands la gestion d'un accord de principe fourni en temps réel à l'internaute, ce qui lui permet de réaliser sa commande sur le site marchand, de remplir un formulaire de demande de crédit et d'imprimer son dossier, de manière à le renvoyer signé par courrier accompagné des pièces justificatives. La livraison de la commande est ensuite déclenchée par le cybermarchand après confirmation par l'organisme de crédit de la bonne réception des pièces et de l'ouverture du crédit. Un modèle qui a également été retenu par Cetelem et par Oney, dont la nouvelle solution a été développée en avril 2006 pour GrosBill. En effet, Oney a troqué sa solution de Web call back lancé en septembre 2005 contre un nouveau système dont l'accent a en revanche été mis sur la flexibilité des durées de crédit ainsi que des mensualités. Le principe consiste ainsi à proposer au marchand en ligne comme en magasin un véritable outil de gestion des facilités de paiement au même titre que sa promotion des ventes. De son côté, 1euro.com, la business unit de Cofidis a opté pour un système qui permet aux internautes de souscrire à une offre de crédit au moment de l'achat d'un produit sur un site marchand partenaire. Par un lien l'internaute s'inscrit auprès d'1euro.com sur sa propre interface et entre son numéro de carte bleue qu'1euro.com utilise comme caution bancaire. Ce système qui impose néanmoins à l'internaute d'envoyer par courrier l'ensemble de son dossier, permet au marchand de finaliser le processus de commande dans sa totalité, jusqu'à la livraison, sans avoir à attendre de confirmation.
Ce même système de caution bancaire réalisée via la carte bleue a été également repris dans le moyen de paiement Receive and Pay proposé par Fia-Net et Sofinco. Cette solution permet aux cybermarchands d'offrir à leurs clients la possibilité de n'être prélevés du montant de leur achat en ligne qu'à la réception et après la validation de leur commande, de manière à éviter aux cyberacheteurs les désagréments liés à une rupture de stocks, ou à des procédures de remboursement. Receive and Pay propose également en option le paiement fractionné en 3 fois sans frais ou en 5, 10 ou 20 fois avec frais. "Nous avons souhaité développer en commun un moyen de paiement qui soit le plus complet possible, de manière à lever les freins à l'achat en ligne", explique David Botvinik, directeur général de Fia-Net.
Au-delà de l'offre de crédit, Sofinco gère l'acquisition monétique joue le rôle de banque acquéreur pour le financement de la carte bancaire. Si l'offre se développe rapidement à ce jour, les différents acteurs ne communiquent que peu de chiffres sur les taux de recours au crédit par les cyberacheteurs. "Nous ne pouvons pas communiquer de chiffres précis, mais le passage de la solution de Web Call Back à la solution intégrée a permis d'améliorer fortement le recours à l'offre de financement. Et ce notamment sous l'effet du balisage, c'est-à-dire l'affichage d'un exemple de financement en x mensualités qui s'affiche à côté du prix du produit", indique Olivier Girard, directeur d'Oney, qui pense qu'une progression de 50 % des taux actuels devrait pouvoir être rapidement être atteinte.
"Nous enregistrons actuellement 500 demandes par jour, sur l'ensemble de nos 150 sites partenaires. Conformément à la loi des 80-20, nos 5 premiers marchands en ligne, comme 3Suisses, Top Achat, Mistergooddeal, Mattelsom, génèrent 80 % de ces demandes de crédit", explique Laurent Cocinski, en charge de 1euro.com, chez Cofidis.