Facebook : nos actions en réseau

Publié le par fing

0707


Au-delà du succès, ainsi que du réseau applicatif dense et presqu?ouvert
qui s?est développé autour du site, Facebook a réussi quelque chose que je
trouve vraiment intéressant : cette page d?information qui collecte vos
actions et celles de vos amis sur la plate-forme, ce ?feed? comme ils
l?appellent, qui nourrit et se nourrit de votre réseau relationnel. Cette
page conduit la viralité du réseau, elle vous informe de ce qu?il s?y passe
: Daniel a ajouté telle application, Rémi s?est abonné à tel groupe, vos
copains Jean-Marc et Fabien sont désormais amis avec Thierry (pas vous ?),
Carole a ajouté 4 photos et 2 vidéos, c?est l?anniversaire de Véronique
aujourd?hui, etc.

Cette page me permet, d?un coup d?oeil, de suivre la vie de mon réseau sur
la plate-forme. Les gens ne vous adressent pas forcément de messages
directement mais ce sont leurs actions au sein de la plate-forme qui
constituent les messages. Contrairement à Twitter, ici, pas besoin de dire
ce que l?on fait, il suffit de le faire pour que cela soit répercuté à mes
proches, à mes amis, à mon réseau. L?intégration au coeur même du profil de
chacun fait de ces interactions le coeur même du réseau. Il y a là une idée
très simple mais qui va, je crois, se répandre comme une trainée de poudre.
Mettre au coeur de son service non seulement ce que vous y faites, mais
aussi ce qu?y font vos proches. Pouvoir cartographier non pas tout ce qu?il
se passe sur la plate-forme, mais bien ce qu?il se passe sur votre réseau
social ? et en plus avec un peu d?intelligence, puisque si Alice et Bob
changent individuellement leur image, votre page ne me les indiquera pas
individuellement, mais agrègera tous ceux qui ont fait la même chose le
même jour.

Jusqu?à présent, pour être tenu au courant de l?activité numérique d?une
connaissance, il fallait s?abonner à une multitude de flux (photos, vidéos,
signets, blogs, Twitter, etc), ou surveiller la page où cette personne
agrège elle-même toutes ses actions (comme une page Ziki). Facebook montre
une piste pour rassembler, unifier et donner du corps à nos traces
numériques et faire que leurs modifications agissent comme des alertes.

Facebook propose là un point stimulant sur la manière dont, demain, nous
pourrions gérer toutes ces informations, comment elles se diffusent,
comment elles nous parviennent parce qu?elles nous intéressent plus que
d?autres, etc.

Reste que la limite aujourd?hui est bien dans la définition d?un seul type
de relation sociale : l?amitié, qui placerait toute nos relations au même
niveau. On voit bien qu?il y a besoin ici de plus de plasticité. La
définition du réseau social reste trop fruste pour être opérante. On a
besoin d?affiner le cercle des relations, d?introduire plusieurs niveaux
d?intimité possibles? On a besoin de pouvoir donner des autorisations
différentes et envie de ?surveiller? différemment les actions de notre
réseau, selon qu?il est composé de la famille proche, des amis, des
collègues ou des blogueurs avec qui on se sent en affinités. On a envie de
suivre les recommandations de lectures d?Untel, mais pas celles de ses
films, car nos avis ne se recoupent pas (il adore les films de Karaté et
j?ai horreur de ça), ou parce que nous ne sommes pas suffisamment proches
pour en parler, ou encore parce que ses avis ne sont pas assez argumentés à
mon goût. Mais cela demande de pouvoir affiner le cercle des relations, les
autorisations que je délivre et qu?on me délivre.

En attendant cette évolution, Facebook montre combien un web branché sur
les actions que nous réalisons en ligne est utile. Peut-être pas utile pour
l?intérêt général ou le bien commun, mais au moins pour moi-même. Que
demain, je puisse indiquer aux gens de mon réseau, selon le niveau de
proximité où ils se situent, que je surfe sur tel site, que je suis passé
sur leur blog, que j?ai ajouté tel fil d?information dans mon agrégateur,
que j?ai laissé un commentaire les concernant sous telle photo, peut
paraitre puéril. Pourtant, cela souligne combien ces outils mettent en
exergue le désir de ne plus être seul derrière son écran, d?être toujours
plus relié aux pratiques des autres. Une manière de rassurer sa propre
pratique d?internet en solitaire, de vivre socialement notre connexion.

Et après, peut-être verrons-nous naître un méta-système qui saura suivre
l?activité de nos réseaux sur toutes les plate-formes automatiquement,
depuis les gens avec qui nous avons l?habitude de converser par mail, tchat
jusqu?aux commentaires par blogs interposés. Favoriser le plus
intuitivement et automatiquement (ou le plus implicitement) possible
l?interaction avec les gens dont nous nous sentons proche, ce n?est que la
promesse du web de demain.

Hubert Guillaud

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Publié dans web 2.0

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