Cartes bancaires : le montant des fraudes repart à la hausse
0707
Il ne suffit pas d'améliorer la technologie pour réduire la fraude. Avec la généralisation en France du standard EMV, destiné à renforcer la sécurité des transactions tout en assurant la compatibilité internationale des cartes, les fraudes à la carte de paiement semblaient appelées à se raréfier. Il n'en est rien : selon le rapport 2006 de l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, après deux années de baisse sensible, le montant total des paiements frauduleux a progressé de 7,1 %, à 252,6 millions d'euros, atteignant son plus haut niveau depuis 2003. Toutefois, le montant total des transactions ayant augmenté au même rythme, le taux de fraude global ressort stable à 0,064 %. Quant au montant moyen des fraudes, il poursuit sa progression, passant de 105 euros en 2004 à 111 euros en 2005 et 117 euros en 2006.
Les transactions internationales restent les plus sensibles, avec un taux de fraude 12 fois plus élevé qu'au niveau national (0,362 %, contre 0,031 %). Un écart qui s'explique largement par la sécurité renforcée qu'offre le système français, puisque le taux de fraude est près de deux fois plus élevé pour les transactions effectuées à l'étranger avec une carte française volée ou usurpée (0,453 %) que pour les paiements faits en France avec une carte étrangère (0,295 %). En clair, la migration vers le nouveau standard EMV, qui limite les fraudes en imposant l'utilisation du code PIN pour toute carte équipée d'une puce, est pratiquement terminée en France, où 95 % des terminaux de paiement étaient équipés en mars 2007, contre 53 % en Espagne, 32 % en Italie et seulement 3 % en Allemagne. Le déficit de sécurité ne provient donc pas du standard lui-même, mais de son adoption en ordre dispersé. En France, l'explosion des paiements à distance (+ 39 %) s'est accompagnée d'une progression équivalente du montant des fraudes (+ 40 %), avec un taux à peine plus élevé par Internet (0,208 %) que par courrier ou téléphone (0,194 %). Les retraits frauduleux aux distributeurs ont également augmenté de 16 %, à 17,4 millions d'euros, alors que les fraudes sur paiements de proximité et sur automates restaient stables à 59 millions d'euros.
Au palmarès des causes de fraude, les cartes volées ou perdues restent en tête (48 % du montant total), mais l'usurpation du numéro de carte (31 %) est devenue plus préoccupante que le phénomène des cartes altérées ou contrefaites (16 %), qui représentait le quart des fraudes en 2004 et 2005.
Signe des temps sans doute, cette quatrième édition du rapport de l'observatoire s'accompagne d'un sondage CSA sur la sécurité des cartes de paiement. On y apprend notamment que 19 % des Français jugent encore l'utilisation des cartes comme risquée. Cette proportion passe à 44 % lorsqu'il s'agit d'effectuer des paiements à l'étranger, et même à 61 % sur Internet et à 68 % par courrier ou téléphone. Ils ne sont pourtant que 8 % à avoir été victimes d'une fraude, et 18 % à connaître une victime parmi leurs proches.