Acquerir une dimension europeenne, l'ambition du pole TES
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A en croire un récent article de l'Usine Nouvelle concernant les pôles de compétitivité, vingt-quatre d'entre eux "sortent du lot". Etrangement, le pôle TES (Transactions Electroniques Sécurisées) n'en fait pas partie. Pourtant, celui-ci a labellisé 27 projets en 2006 qui représentent environ 80 millions d'euros dont 7 millions de subventions. "Le pôle TES sera reconnu quand il aura un ou deux projets phares que nous sommes en train de développer aujourd'hui", explique son président. Administrateur du Groupement des Cartes Bancaires, celui-ci revient sur cette "belle aventure" qui a démarré relativement vite par rapport à d'autres pôles qui soi disant "sortent du lot".
"Ma principale ambition est de donner à ce pôle une dimension européenne", lâche d'emblée Yves Randoux. Aujourd’hui, un pôle franco-français n’a pas de sens industriel. Nous avons cependant la capacité d’atteindre cet objectif d’ici trois à cinq ans, sinon ce pôle n’aura qu’une portée limitée, met-il en garde. Aussi, même si le démarrage de cette structure a été plutôt rapide, il a fallu pour ses sept membres fondateurs trouver leurs marques, une démarche d'autant plus complexe que TES est relativement unique au monde, son ambition étant de traiter l’identité numérisée de la personne humaine, c'est-à-dire, la capacité de traiter de chacun d'entre nous, sous l'aspect numérique, que ce soit en matière d'identité, de monétique ou encore de sécurité des échanges. Caen représente aujourd'hui en France une zone d'excellence dans le domaine des transactions électroniques sécurisées. Pour s'en persuader, il suffit d'observer la qualité des entreprises présentes dans le pôle TES. Par ailleurs, rappelons que cette ville est le berceau historique de nombreux éléments essentiels de la monétique et que la création récente du campus technologique "Effiscience", sur lequel s'est installé le groupe NXP, devrait encore renforcer cette position de leader dans le domaine. Sans omettre la puissance en R et D qu’apportent les différents dispositifs universitaires créant ainsi un écosystème éminement favorable au Pôle TES.
Metteur en scène de la coopétition
Mais pour relever ce défi qui vise à faire de TES un pôle européen, il est indispensable de lancer de grands projets. "Nous en avons besoin. Plus nous aurons des projets d’envergure, européens si possible, plus nous aurons la capacité d'intéresser les entreprises locales, tirées par les grandes entreprises, et de les fédérer", précise Yves Randoux. Pour autant, le pôle doit également gérer des projets de taille plus modeste. Et c'est le mariage intelligent et coopératif de ces deux types de projets, grands et moyens, les premiers servant de véritables locomotives, qui permettra de développer des applications innovantes et de générer ainsi des emplois pour les années à venir. "Jusqu'à présent, nos projets étaient sans doute trop restreints. Je crois même que notre ambition était trop frileuse en matière de nouveaux projets", reconnaît le président de ce pôle. D'où l'importance de cette séance de brainstorming "les 1001 idées du pôle TES" qui vient d'être organisée et à laquelle ont participé environ 150 personnes. Une première étape indispensable qui va permettre de mettre en place les grands programmes correspondants aux trois grands axes du pôle, des programmes à l'intérieur desquels seront classés les différents projets développés dans ce cadre.
"Il existe un lien très fort avec le métier d'administrateur que j'exerce au sein du Groupement des Cartes Bancaires", estime le président de ce pôle bas-normand qui se considère comme une sorte d'ensemblier, voire de "metteur en scène de la coopétition", qui est la synthèse entre la coopération et la compétition entre les entreprises, un rôle à la fois simple et très compliqué, d'autant plus que TES n'est pas parmi les pôles de compétitivité les mieux lotis financièrement. "A peine créé, nous devons déjà intégrer que nous ne bénéficierons plus d'aide publique dans trois ans", tempête-t-il. Face à cette préoccupation majeure, l'un des objectifs de 2007-2008 sera de mettre en place un mécanisme de capital-risque destiné aux membres du pôle. "Il est donc essentiel de faire émerger des grands projets qui offrent des perspectives de retours sur investissements significatifs. C'est la seule façon pour que des capitaux-risqueurs acceptent de s'intéresser et d’investir aux projets du pôle".
Un outil utile aux autres pôles de compétitivité
A terme, tous les membres du pôle TES devraient disposer d'un outil extrêmement convivial qui leur permettra d'échanger électroniquement en toute sécurité. Développé dans le cadre d'un projet baptisé TIPS -transactions Inter Pôles Sécurisées-, cet outil, dont le cahier des charges est en cours d'élaboration, pourrait être commercialisé par la suite, afin d'en faire bénéficier d'autres pôles de compétitivité. Ces derniers n'ont-ils pas été créés pour trouver de la valeur ajoutée dans des applications qui vont générer des revenus, et par conséquent des emplois ? "Certes il s'agit plus d’un projet mineur. Mais au sein d'un pôle comme celui que je préside, il est impératif que ses membres puissent disposer d'un outil de transactions sécurisées", estime Yves Randoux pour qui cette "belle aventure" ne fait que commencer. Et peu importe si aux yeux de certains celle-ci n'apparaît pas aujourd'hui parmi les "24 pôles qui comptent". Demain, c’est sûr, grâce à l’effort de toutes les entreprises, elle y sera !
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