PayPal riposte à la menace Google
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Le leader des systèmes de paiement sur Internet mise sur la force de frappe d'eBay et de Skype.
Plus de 30 milliards de dollars ! C'est la somme que PayPal a brassée l'an dernier dans 130 pays... en 17 monnaies. Dans le giron du site de ventes aux enchères eBay, ce système de paiement sur Internet a conquis, fin 2006, 133 millions d'usagers (+ 38 %) et généré 417 millions de dollars de chiffre d'affaires (+ 37 %) au dernier trimestre. Pas question, néanmoins, pour PayPal de s'endormir sur ses lauriers : « En volume, le e-commerce mondial pèse 500 milliards de dollars. Nous avons encore de la marge », assure son président, Rajiv Dutta. Cet ancien directeur financier d'eBay qui vient, il y a quelques mois, de quitter la présidence de la société de téléphonie sur Internet Skype, également filiale d'eBay, pour piloter PayPal, entend séduire les internautes tous azimuts.
Pour l'heure, 69 % des revenus de PayPal proviennent toujours des utilisateurs d'eBay, sa maison mère. Et PayPal s'attelle à doper le tiers restant. Mais il doit affronter des myriades de concurrents, des start-up spécialistes des micro-paiements par SMS aux cartes bancaires internationales. En outre, Google a déployé, cet été, son propre système de paiement en ligne, Google CheckOut. Le moteur de recherche offre 10 dollars aux internautes qui l'utilisent, et, jusqu'à fin 2007, la gratuité aux cybermarchands clients de sa régie publicitaire. L'attaque est à peine voilée contre PayPal, qui prélève une commission de 1,9 % à 3,4 % sur chaque transaction.
Nouveaux services
« PayPal est le premier site financier au monde. Même Citigroup n'a pas autant d'utilisateurs en ligne ! Mais Google s'attaque directement à son coeur de métier, qui est de faciliter les transactions financières aux PME », analyse Gwenn Bézard, directeur d'études chez Aite Group, un cabinet de conseil bostonien spécialisé dans la finance. L'offre de Google ne laisse pas indifférent. « Sur Internet, nos marges sont de plus en plus restreintes. Tout ce qui permet de réduire nos coûts est intéressant », estime Philippe Danjean, qui utilise PayPal pour sa boutique virtuelle FrenchToys.
Pour garder son avance, PayPal multiplie les services. Sur le sol américain, il teste une carte de paiement virtuelle. La technologie n'est pas neuve. Mais cette « PayPal Virtual Debit Card », commercialisée par MasterCard et dont le numéro se renouvelle à chaque transaction, permettra de régler des achats chez les cyber-marchands qui ne souscrivent pas au dispositif PayPal.
En février, PayPal inaugurera, toujours aux Etats-Unis, un jeton de sécurité baptisé « PayPal Security Key » censé dissuader d'éventuels pirates. Parallèlement, ses informaticiens ont conçu le système « PayPal CheckOut », qui permet de réaliser toutes les opérations liées à un achat en un clic, voire deux. Enfin, PayPal s'aventure aussi sur les mobiles. L'entreprise a noué des partenariats avec des régies publicitaires, permettant aux utilisateurs de PayPal d'acheter par SMS un produit en envoyant un code PayPal affiché sur une publicité.
Mais, selon Rajiv Dutta, la véritable révolution reste à venir. Sous sa houlette, PayPal mise sur la force de frappe de la galaxie eBay. Il songe à intégrer sa plate-forme de paiement dans le système de téléphonie sur Internet Skype, qui compte déjà 171 millions d'utilisateurs. Ces derniers n'auraient qu'à cliquer pour effectuer une transaction financière vers leurs interlocuteurs. Quitte à y greffer des services, comme le paiement instantané d'une réservation d'hôtel par téléphone. « On peut imaginer des cours de mathématiques ou de langues, ou d'autres types d'activités qui impliquent plusieurs personnes et des applications partagées, du chat ou de la vidéo, qui seraient enrichies par notre brique financière », explique Stéphane Kasriel, directeur général de PayPal France. Et de promettre que cette technologie sera lancée « très bientôt ».