du prépayé pour les migrants (conférence Atos)
Deux points abordés lors d'une conférence organisée par Atos Worldline sur les moyens de paiement innovants.
1. Carte prépayée migrant / transfert d’argent
Données factuelles :
- 15 milliards d’euros sont transférés chaque année de France vers les pays du bassin méditerranéen (dont 10 % vers le Maroc).
- 2 émigrés sur 3 (soit 5 millions de personnes en France) envoient de l’argent à leur famille restée dans leur pays d’origine, souvent une part substantielle de leurs revenus.
Les destinataires des fonds ne sont pas toujours bancarisés. Plusieurs solutions existent, avec des avantages et des inconvénients :
- Mandat international, via un prestataire spécialisé (ex. Western Union). Inconvénient : le destinataire doit se rendre dans une agence, et il perçoit la totalité des fonds en liquide.
- Virement bancaire, qui nécessite un réseau bancaire développé dans le pays de destination.
- Comptes pivots prépayés (ex. PayPal, Western Union).
- Carte Visa ou Mastercard prépayée émise dans le pays de l’expéditeur, non nominative (non rechargeable) ou nominative (liée à un compte rechargeable).
- Carte de paiement prépayée émise par la banque dans le pays du receveur des fonds. C’est une solution plus économique mais qui nécessite que le receveur soit bancarisé. Western Union propose également ce service pour certains pays (Maroc).
C’est sur cette dernière solution que se positionne Atos pour les pays où le réseau bancaire est développé. Pour les autres, on se dirige vers le paiement par mobile ou bien un compte pré-payé.
Plusieurs exemples cités :
- Citi bank entre les USA et les Philippines (la carte s’appuie sur les réseaux locaux)
- Une banque à Haïti (paiement prépayé + carte téléphone avec des tarifs négociés entre USA et Haïti).
- iKobo entre les USA et le Mexique (service disponible pour de nombreux pays, partenariat avec Visa).
- ChequePoint Prepaid au Royaume-Uni : carte multi-usages Mastercard, pour recevoir son salaire et réaliser des transferts d’argent.
Selon Atos, l’arrivée prochaine des établissements de paiement en France (ex. ChequePoint) va introduire une concurrence nouvelle sur ce marché. Les banques devront se différencier en fournissant des services à plus forte valeur ajoutée. Cela peut passer par l’offre de services complémentaires : outils de suivi de la consommation (pour suivre l’utilisation qui est faite des fonds), alertes de consommation, programme de fidélité, assurances pour les destinataires des fonds, etc.
Commentaires :
La Caisse d’épargne est la première banque à lancer une carte migrant en France, dénommée Teranga. Il s'agit d'une carte V-Pay dont nous avons validé le visuel en octobre 2007. Son principe est l'émission d’une deuxième carte dans le pays de destination des fonds, via un réseau de partenaires. D’autres banques y réfléchissent.
La carte migrant constitue une typologie de carte prépayée parmi d’autres (cf. étude en cours CMJR/CMBS).
2. Paiement mobile dans les pays émergents
Dans les pays émergents (Asie et Afrique en particulier), l’adoption du téléphone mobile est beaucoup plus rapide que la bancarisation. Le prépayé constitue souvent le modèle dominant pour le téléphone mobile, voire la SIM prépayée comme chez l’opérateur égyptien Orascom.
Le taux de bancarisation est inférieur à 5 % en Afrique, et les paiements en espèces représentent en moyenne 83 % en Chine (et plus de 95 % dans les campagnes).
Le mobile peut, dans ce contexte, représenter une aide à la bancarisation et fournir des services de micro-finance. Par ailleurs, dans des pays ou l’Internet est utilisé en majorité sur des ordinateurs partagés (cybercafés), le téléphone peut constituer un canal de paiement personnel donc plus sûr.
La « monnaie » utilisée pour réaliser des paiements ou transferts de fonds peut être basée sur le temps de communication ou les SMS, grâce à des systèmes de compensation entre opérateurs déjà utilisés pour le roaming international.
Le mobile peut également être lié à une carte de paiement (ex. Afrique du Sud), ou bien une carte prépayée, qu’elle ait un support carte physique ou non (« m-PAN »).
Dans ce contexte, Atos propose à ses clients une plate-forme monétique internationale, déjà adoptée par le Crédit Agricole / LCL et la Caisse d’Epargne.