Le paiement par mobile doit s'unifier
Payer depuis son téléphone portable plaît aux Américains. Cependant, les utilisateurs préfèreraient un compte mutualisé et interopérable plutôt que de disposer de plusieurs comptes.
La majorité des propriétaires américains de mobile effectuant des paiements via un téléphone portable aimerait ne disposer que d'un unique compte pour réaliser leurs achats, annonce ABI Research. Un grand nombre des travaux réalisés jusqu'à présent pour développer une plate-forme de paiement via la technologie NFC (Near Field Communication) se focalisaient principalement autour de la possibilité de payer via plusieurs cartes et comptes. La solution ne semble donc pas de ce côté, mais plutôt vers celui d'un compte unique et interopérable entre les différentes institutions financières.
Garder des consommateurs volatiles
"Le souhait de disposer d'un compte unique et séparé sur les combinés NFC donne une indication très importante aux fournisseurs de cartes de crédit et de débit : répondre à cette demande pourrait se révéler très important pour garder des consommateurs qui migrent progressivement vers le paiement par mobile", explique Jonathan Collins, analyste chez ABI. "Cela montre également aux nouveaux fournisseurs de paiement par mobile l'importance de se lancer dans la course à l'heure où les consommateurs se tournent vers les paiements par NFC", ajoute-t-il.
Vers une solution unique et interopérable en Europe
En France, les consommateurs américains seraient heureux. Un consortium composé de six banques parmi lesquelles le Crédit Agricole-LCL et BNP Paribas -dont L'Atelier est une filiale, collaborent depuis plusieurs mois avec quatre opérateurs mobile (Bouygues, Orange, SFR et NRJ Mobile) et les deux principales firmes de cartes de crédit Visa Europe et MasterCard Worldwide pour proposer une solution de paiement basée sur la NFC. Avec un mot d'ordre : l'interopérabilité. Changer de banque n'induira pas un changement de mobile, et changer d'opérateur ne demandera pas un changement d'établissement financier. Une première opération test baptisée "Payez mobile" a été lancée en novembre 2007 à Caen et Strasbourg. Elle vise à étudier l'impact du m-paiement sur les consommateurs mais également la viabilité de cette solution multi-opérateurs et partenaires financiers.
Source : http://www.atelier.fr/banque-assurance/10/11012008/nfc-paiement-par-mobile-interoperable-35827-.html
La technologie NFC veut faire converger les services sur mobile
Cette technologie transforme le téléphone en moyen de paiement, ticket de train ou carte de fidélité.
Les téléphones intégrant une puce NFC, qui ne sont pas encore disponibles, devraient permettre d'accéder à des serveurs distants, par exemple pour recharger son porte-monnaie électronique ou consulter son compte.
Porte-monnaie électronique, carte de transports en commun ou ticket de parking. Grâce à la communication en champ proche NFC, notre téléphone mobile devrait bientôt se transformer en couteau suisse numérique. "Cette technologie d'échange de données à distance s'impose aujourd'hui comme une solution incontournable dans le domaine du paiement électronique, du transport et de la gestion de la relation client," résume Cédric Morel, responsable projet au sein du pôle de compétitivité Transactions électroniques sécurisées (TES).
Issue de la technologie RFID, le NFC, inventé par Sony et Philips, permet d'établir une liaison sans fil de courte portée (moins de 10 centimètres), entre un lecteur et une puce contenant des informations. Cette communication peut être de deux types. Utilisé en mode lecteur, le système sert simplement à lire les informations. En mode étiquette, la puce NFC délivre des informations, ce qui permet par exemple de s'identifier pour effectuer un paiement. Un téléphone mobile équipé d'une puce NFC peut se comporter à la fois en mode lecteur ou en mode étiquette. Tout dépend des applications. Contrairement au Bluetooth, une puce NFC n'utilise aucune source d'énergie en mode étiquette. Elle se contente de réagir en présence d'un champ magnétique, à la manière des Pass Navigo qui équipent déjà le métro parisien.
Au Japon, grâce à une technologie similaire baptisée Felica, plusieurs millions de personnes utilisent déjà leur mobile pour payer dans les commerces, franchir les portillons de trains, passer les portes d'embarquement dans les aéroports, cumuler des points de fidélité, ouvrir la porte de leur domicile ou accéder aux différentes zones d'un bâtiment. "Cela montre que le champ d'application est immense, d'où un formidable levier de croissance," assure Cédric Morel.
Favoriser l'interopérabilité
Après de multiples tests et expérimentations, opérateurs téléphoniques et banques sont sur le point de déployer leurs offres commerciales. Orange devrait être le premier, dès cette année, à proposer des services de billetterie pour les transports et de paiement privatif, avec Cofinoga, dans la ville de Bordeaux. Le téléphone mobile est en effet un outil particulièrement souple. "Via le réseau cellulaire, il devient possible d'accéder à des serveurs distants, pour recharger son porte-monnaie, consulter son compte ou vérifier l'historique de ses achats dans une boutique," précise Mung-Ki Woo, responsable des paiements sans contact chez Orange. "Autant de fonctions impossibles avec les outils actuels."
En attendant l'arrivée de téléphones équipés d'une puce NFC, les expériences emploient la technologie grâce à de simples cartes. La société Airtag a ainsi développé un programme de fidélité "sans contact" pour les magasins Gedenim. Grâce à lui, les détenteurs de ces cartes interactives regardent des publicités sur des kiosques inter- actifs installés en magasin, et surtout peuvent recevoir des promotions, visionner des publicités et personnaliser leur compte depuis le Web. "L'étape suivante consistera à concevoir des campagnes ciblées," indique Guillaume Massis, directeur des ventes chez Airtag.
De nombreuses initiatives se déploient, notamment en France, qui a su prendre très tôt le virage NFC. "Notre avantage, c'est d'avoir su réunir en amont l'ensemble des acteurs impliqués afin de favoriser l'interopérabilité," indique Cédric Morel. Les expérimentations ont montré un réel engouement des utilisateurs pour cette technologie.L'un des enjeux majeurs est désormais de débloquer certains freins réels, en particulier la préoccupation liée au risque de perte ou de vol, et donc d'utilisation frauduleuse de l'ensemble des applications embarquées.
C'est l'objet d'une étude menée au sein du projet "Payer Mobile", conduit sous l'égide du pôle TES. La solution retenue consiste à utiliser les capacités de la carte SIM du téléphone, qui offre un environnement contrôlé et sécurisé pour l'exécution des applications sans contact. Dans ce cadre, Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique, compte jouer un rôle majeur. "Notre responsabilité, en tant que tiers de confiance, est d'assurer la facilité d'usage sans compromettre la sécurité," insiste Jérôme Sion, directeur des activités sans contact. Un dispositif permettant de découper la mémoire allouée à chaque application sur la carte SIM, de manière hermétique, a ainsi été développée afin de garantir l'intégrité de la relation du client avec son opérateur et son banquier.
Source : http://www.lesechos.fr/info/innovation/4684289.htm