Les mobiles de l’école 2.0
0802
Dans économie de l'attention, e-inclusion,réseaux sociaux, web 2.0, Education et formation, Usages. Le 12/02/2008 (mise à jour: 15 fév 2008), par Jean-Marc Manach | 6 commentaires | 1,243 Views.
Les téléphones portables sont-ils condamnés à n’être perçus, à l’école, que comme des armes de distraction massive permettant également de tricher, mais aussi de vidéosurveiller les professeurs ? Et faut-il, comme le proposent certains, interdire les téléphones portables à l’école ?
Se pourrait-il, au contraire et comme le pense entre autres Marc Prensky, qu’ils soient l’outil idéal (.pdf) de l’"enseignement assisté par ordinateur" permettant d’"apprendre presque tout"( .pdf) ? Pour ce spécialiste des technologies de l’information éducatives, les mobiles ont en effet de nombreux avantages : la bien-nommée "m-génération" en est férue, l’outil est ludique, ils savent s’en servir, n’ont de cesse de vouloir en tester de nouvelles fonctionnalités, et l’utiliser en classe permet également de valoriser élèves et étudiants.
Certains innovateurs du domaine, comme Math4Mobile parlent ainsi "d’éducation ubiquitaire" et incitent les étudiants à s’exercer en-dehors de leurs heures de classe sur des programmes éducatifs installés sur leurs mobiles. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi :
- préparer ses examens en répondant à des tests d’évaluation et d’entraînement,
- surfer, via son téléphone portable, sur les nombreuses versions pour mobiles des sites web spécialisés dans l’éducation,
- profiter des campus virtuels,
- ou encore de l’enseignement à distance, notamment en Afrique, entre autres pays relativement pauvres où l’usage des téléphones mobiles est bien plus développé que celui des ordinateurs.
Au-delà de ces applications somme toute classiques, on voit aussi apparaître un certain nombre d’autres nouveaux services et usages :
- économiser en frais de maintenance des lignes de téléphonie fixe dans les résidences universitaires, et développer l’utilisation du mobile, et des SMS dans les relations administratives qu’entretiennent les étudiants et leurs écoles,
- obliger ses nouveaux étudiants à accepter un téléphone portable (gratuit le premier semestre, payant les suivants) tout spécialement adapté à l’université afin de les faire bénéficier d’un dispositif d’alerte instantané, ainsi que, grâce au GPS, d’un système de traçabilité connecté aux services de police et destiné à les secourir en cas de problème (ou de retrouver le ou les auteurs du problème), mais aussi à leur donner les horaires de bus, les contacts administratifs et autres services propres au campus,
- profiter de sa caméra intégrée pour garder la trace de ce qui a été écrit sur le tableau blanc, mais aussi, pour en revenir au volet sécuritaire, d’éventuels incidents ou débordements,
- utiliser la messagerie instantanée afin d’améliorer, dans le cadre d’un apprentissage participatif, sa maîtrise de la langue,
- proposer un logiciel d’aide à la lecture destiné aux malvoyants et aux personnes ne sachant pas bien lire : il suffit de prendre un texte en photo, le logiciel le déchiffre, et un module de synthèse vocale le lit à voix haute,
- se connecter à Twitter pour proposer une autre forme de présence et de participation à la classe, mieux connaître les élèves, suivre en direct une conférence, améliorer l’esprit de synthèse et la grammaire des élèves, et s’en servir d’outil participatif de prise de notes.
- …
Alors qu’on voit aussi apparaître des mondes virtuels éducatifs permettant aux étudiants -et à leurs professeurs- de tester l’apprentissage par avatars interposés, afin d’accentuer leur implication dans le processus d’apprentissage, l’utilisation du mobile ou encore celle des processus coopératifs du web 2.0 (cf. Sur le chemin de l’école 2.0) repose la question de l’ouverture de l’école vers les NTIC.
Mais l’intérêt ne réside pas tant dans les outils et services que dans les usages qui peuvent en être faits. Car ce qui ressort le plus à la lecture de ces différents projets, c’est que le principal obstacle est dans la tête des professeurs et des équipes pédagogiques, qui ne savent pas se servir de ces outils, qui ont peur d’être débordés par leurs élèves, ne voient pas l’intérêt de profiter de leur engouement pour ces outils, ou tout cela à la fois.
.