Obama ou le simulacre de la démocratie participative sur le web
Obama a-t-il inventé le marketing politique 2.0 ? La réponse n’est pas si évidente. En Chine, les réseaux sociaux sont aussi très prisés par le parti communiste et depuis de nombreuses années. La plupart des représentants locaux du parti voire certains ministres ont des groupes sur Facebook, leurs propres blogs et animent des forums de discussions. Des espaces ultracontrôlés où le débat et bien évidemment la contestation sont inexistants, mais où le message politique est "matraqué". Or la révolution du marketing 2.0 est bel et bien la construction d’un dialogue direct et transparent. Un échange où sont pris en considération l’avis des citoyens dans un projet politique et celui des consommateurs dans une stratégie de marque. C’est ainsi que Dell répond en direct à ses clients sur direct2dell.com, ou que Ségolène Royale publiait les doléances postées sur desirdavenir.org. Dans les deux cas, la promesse 2.0 est tenue.
On est en droit d’attendre d’Obama une révolution sur la démocratie participative bien plus qu’un groupe sur Facebook, des posts sur Twitter, des vidéos sur YouTube. En période de transition, il entend s’y attaquer en ouvrant simultanément trois sites web dits "participatifs". Mais là encore, le message politique domine. Le seul contenu émanant des citoyens est le nombre de votes sur des sujets prédéfinis. Où sont passés les commentaires sur le blog ? Pourquoi ne peut-on pas consulter dès à présent les propositions des citoyens ? Comment vont-elles être intégrées dans l'action politique ? On n’en saura pas plus pour l’instant. On donne à l’internaute une page à compléter, un bouton pour voter. On donne surtout au citoyen l’illusion de s’exprimer. Et on le crie haut et fort. Le buzz fonctionne, la presse et la blogosphère soulignent l’exploit. Le marketing est décidément le grand gagnant. Pour la démocratie participative, on repassera.
* http://change.gov/, http://whitehouse2.org/, http://obamacto.org/
Un groupe Facebook... Où est la révolution ?
Le parti communiste chinois prise les réseaux sociaux