Aménagement numérique des territoires
0807
Pas vraiment novateur, mais thématique pertinente (sur le fond) d'une association référente dans la relation avec une future "union". Attention tout de même à l'activisme (sur la forme).
Dans un premier temps ce sont la topographie et les ressources naturelles qui ont structuré les territoires. Ensuite, ce furent les réseaux de transports par la mise en rapport des lieux de production avec les lieux de consommation. En parallèle s’est toujours joué un rapport de force entre les peuples.
À l’heure où la croissance démographique et les changements climatiques s’accélèrent, à l’heure de l’épuisement des hydrocarbures qui fondent notre économie, la question de la mobilité, donc de l’aménagement et de la structuration des territoires, se pose comme jamais : mobilité domicile / travail, pendularité’ autour des grandes agglomérations en particulier, parcours de marchandises, …
Avec Internet, les TIC et cette nouvelle économie de l’information, de l’immatériel, de nouveaux enjeux de structuration des territoires se jouent, de nouveaux rapports de force aussi. S’il est certain que les nouveaux réseaux de communication ont et auront un impact structurant fort, tout se joue avec de nouvelles données : nouvelle échelle d’espace (la planète) ; nouvelle temporalité ; nouvelle structure de pouvoir fondée sur la maîtrise’ de l’information.
Lieux de production et lieux de consommation deviennent mobiles, mais restent dépendants du lieu où l’humain, lui-même mobile, se trouve. Il reste en outre dépendant des ressources énergétiques entre autres pour faire fonctionner les machines qui servent (encore) d’intermédiaire et de support à la circulation de l’information.
La structuration, l’aménagement numérique des territoires pose aujourd’hui un certain nombre de questions identiques ou presque à celles posées le siècle dernier en ce qui concerne les réseaux de transport des hommes et des marchandises. Les questions de l’enclavement (et du désenclavement), du maillage, des choix entre l’agglomération et l’homogénéisation (égalité territoriale) avec les avantages et inconvénients de chacun, la taille (capacité de débit) des réseaux physiques mis en place, leur échelle en fonction de la densité d’utilisateurs, la prise en compte sociale des nuisances, la proximité des ressources énergétiques, en eau, nécessaires à la qualité de vie humaine, …
L’analyse de l’expérience des acteurs de l’aménagement des réseaux de transport (routier, ferroviaire, électrique et téléphonique en particulier) peut permettre de gagner du temps pour faire des choix les plus adaptés possible et d’éviter de reproduire certaines erreurs.
Qu’il s’agisse de l’urbanisme ou des réseaux, l’expérience a aussi montré que les modèles binaires étaient inadaptés à des problèmes complexes. Le choix de la généralisation de l’hyperspécialisation des espaces ou des outils techniques comme solutions aux problèmes a montré ses limites et les nouveaux choix en matière d’urbanisme par exemple retournent vers la mixité de fonction, la mixité sociale, l’adaptabilité…
Nous sommes pris par le temps et la mise en place de réseaux physiques est lourde en génie civil, en coût et en temps.
Il est urgent et essentiel de soutenir les recherches pour permettre d’optimiser les performances des réseaux et maillages existants pour les zones d’usage diffuses ! Il est urgent et essentiel de former en masse urbanistes, aménageurs et élus locaux aux nouveaux enjeux de cette société de l’information, à l’anticipation, à l’adaptation à ce nouveau contexte ! Il est aussi urgent et essentiel d’aborder cette nouvelle phase de société, de l’immatériel, en projetant de se libérer véritablement du matériel pour l’épanouir ! (cf. les cours de télépathie des enfants dans La belle verte, film de Colline Sérault, Que la force soit avec toi dans le film Star Wars de Georges Lucas, ou la réalité que vivent les aborigènes d'Australie).
Agissons vite, avec discernement, optimisons l’acquis des expériences individuelles et collectives, même les plus marginales, optimisons les usages dans l’espace et dans le temps, favorisons les recherches collectives sur la qualité de vie partagée ! Je suis convaincue que les schémas fondés sur la peur vont à l’encontre d’un possible développement harmonieux des êtres et de la société.
Si c’est bien de circulation et d’analyse d’informations, c’est aussi et surtout de confiance dont il s’agit…
La planète est un corps, nous tissons son système nerveux… Sans planète viable, pas de support de vie, sans système nerveux élaboré, pas de véritable évolution… Nous avons pris le pas d’hyper développer le cerveau rationnel, de l’hyper stimuler, de baser sur lui les repères de notre société, d’inventer de nouvelles technologies passionnantes. Pour que cela puisse être durable et une occasion de développement, il me semble essentiel d’équilibrer cela avec l’autre partie de nous : la créativité, l’intuition, les sensations (la connaissance non verbale), les émotions. Ne nous laissons pas piéger par cette occasion ne faire aucun effort pour développer nos ressources propres, celles extra ordinaires de notre cerveau (le droit aussi) en favorisant toujours des développements extéri eurs ! Dans de nombreuses cultures, les sages ou guérisseurs sont ceux qui expérimentent mieux que d’autres la mise en relation des deux parties du cerveau, sachant alimenter l’analyse par l’expérience sensible et inversement.
Considérons que la technologie et les réseaux physiques ne sont pas LA solution mais une étape intermédiaire…
À nous de nous souvenir ou de ré-élaborer ensemble ce que nous souhaitons qu’ils relient et pour quoi faire. La réalisation suivra.
Réseaux et chemins vers plus d’humanité ? ( !)
Jézabel GOUGEON.
Urbaniste et biologiste.
Administratrice d’ACIDD-TIC21