Jacques ATTALI : " après les subprimes, les cartes de crédit… "

Publié le par http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/12/apres_les_subprimes_les_cartes.html

Dans un article publié sur son blog, Jacques Attali —qu’on ne présente plus—, considère que la crise des subprimes n’est qu’un début à une crise beaucoup plus vaste qui touchera le monde bancaire et financier.

Intitulé « Après les subprimes, les cartes de crédit… », cet article avance que, aux Etats-Unis, les ménages les plus fragiles utilisent leurs cartes de crédit facilement délivrées par les institutions financières. Jacques Attali considère que la mauvaise situation financière des ménages les conduit à une utilisation massive des cartes de crédit. Et d’avancer un chiffre d’endettement d’environ 2 500 milliards de dollars, « ce qui est largement supérieur aux dettes pour le logement et aux bubprimes » précise l’économiste. Et d’ajouter que « l’ensemble de ces créances en carte de crdit a été ensuite regroupé, comme pour les subprimes, en titres spécifiques revendus de banque en banque ». Ainsi, on ignore qui détient ces titres.

Conclusion : « les crises bancaires ne font que commencer ».

Compte tenu du niveau de l'auteur de ces quelques lignes, on ne peut être qu'étonné d’une telle erreur de jugement.

Que le grand économiste me pardonne mais il me semble qu’il confond allègrement les chiffres du crédit à la consommation en général, qui couvrent donc les dépenses par cartes de crédit, mais aussi ceux liés aux crédits automobile, au crédits personnels, etc. Si cet ensemble avoisine les 2 500 milliards de dollars, l’encours des cartes de crédit ne dépasse pas les 900 milliards de dollars. Ce qui n’est déjà pas si mal. Sur ce total, les cartes de crédit privatives représentent quelque 90 MM€, le reste étant réalisé par les cartes de crédit MasterCard et Visa.

Selon le « Nilson Report », le taux d’augmentation de l’encours des cartes de crédit a connu une progression de 5,8 % en 2006 sur 2005. Si l’on en croit le cabinet TowxerGroup, la progression a été de 7 % au cours du premier trimestre 2007. Ce qui représente une augmentation d’environ 2 % par rapport aux moyennes annuelles précédentes.

Parallèlement, on a assisté, toujours aux Etats-Unis, à une remontée du taux d’impayé de 4,24 % à 4,47 %, que l’on peut imputer à la crise de l’immobilier. Il est évident que lorsqu’un consommateur a des difficultés pour payer ses échéances il va donner la priorité au paiement de son crédit immobilier au détriment de ses crédits à la consommation. Il faut rappeler que, au cours des années de récession 2002 et de 2003 que les Etats-Unis ont connu, le taux d’impayé était de 5 %, ce qui n’a pas provoqué une faillite des cartes de crédit. Cela dit, avec l’aggravation du chômage qui atteint 5 % de la population et les problèmes économiques des Etats-Unis, peut considérer que le taux d’impayé à la fin de 2007 a atteint les taux de 2002/2003.

En Europe, le crédit à la consommation représente 1 200 MM€ environ. Le crédit revolving compte pour 35 à 40% de ce montant. En France, les consommateurs sont en dessous de la moyenne européenne en atteignant les 20 % environ. Il est vrai que la situation en Europe n’est pas homogène: en Angleterre et au Danemark, c’est le crédit revolving qui l’emporte mais en Allemagne, c’est plutôt le crédit automobile qui tient le haut du pavé avec près de 20 MM€ de crédit. Dans ce pays, le taux du crédit à la consommation a néanmoins baissé de 2,4 % entre 2005 et 2006. Alors qu’il a grimpé de 19,4 % en Espagne, de 17 % en Italie, de 10,6 % au Royaume-Uni et de 5,2 % en France, au cours de la même période.

 

 

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